Projet de vitiforesterie au Champ Ramé ?

Historique

Dès 1598, le Champ Ramet est mentionné comme appartenant au lot de Jean de Tilly, Seigneur de Blaru.


Il existait au moins deux vignes au Champ Ramé (ou Ramet) : la Grand'vigne et la vigne de Péré.

Le cadastre napoléonien mentionne également le champ Ramé. Au début du 19e siècle, il n'y avait pas encore le chemin de fer puisque le tronçon Vernon-Pacy ouvre en 1873. Les vignes ont dû disparaître un peu plus tôt puisque le décret de construction de la voie ferrée date du 1er Mai 1869.


Reliquats d'anciennes vignes au champ Ramé.

Il reste encore un pied de vigne actuellement sur le champ Ramé (contre cinq sur la côte Baurand) en haut de la parcelle AN54. Il s'agit vraisemblablement de Meunier, reconnaissable à son duvet blanc.

Le pied est cependant très frêle et ne donne pas de raisins, ce qui en fait un mauvais candidat pour bouturage dans l'état actuel.

Une opportunité : location d'une parcelle au Champ Ramé.

Le Champ Ramé dispose d'une orientation plein sud sur un sol crayeux (craie dolomitique). Encore cultivé en céréales jusqu'en 2010, il devient ensuite un verger sur les parcelles de M. Jean-Pierre Nicoli jusqu'à son décès en 2021. Le champ est désormais une friche qui devient progressivement de la forêt.

Ce champ est probablement l'un des meilleurs spots viticole de Vernon, du fait de son orientation plein sud, de son passé viticole avéré et de son sol crayeux typique des "pelouses calcicoles". J'ai mené une étude foncière poussée pour tenter de sauver ce patrimoine en le rachetant, mais les parcelles sont minuscules, morcelées entre différents propriétaires, certains décédés, d'autres n'ayant pas les titres de propriétés ou ne répondant pas, ne voulant pas vendre ces terres incultes et pentues. Seul un propriétaire a consenti à me faire un bail agricole pour sa parcelle de 727m² et c'est donc grâce à ce geste qu'un projet, pour le moment très modeste va pouvoir voir le jour.


 La parcelle AO36 avant défrichage.

En décembre 2023, nous avons procédé au débroussaillage superficiel de la parcelle et à l'épandage de fumier de cheval frais.





Un projet de vitiforesterie au Champ Ramé ?

Me voici en août 2024 à la croisée des chemins pour cette belle parcelle. Elle est difficile d'accès pour y  amener une minipelle pour défoncer le terrain puis labourer au motoculteur... de toute façon je n'ai qu'une motobineuse électrique... et d'ailleurs pourquoi vouloir tout retourner ? Est-ce qu'il ne serait pas plus judicieux de tenter l'aventure de l'agroforesterie et de la permaculture ? Ne pas labourer et attendre un enracinement long de la vigne qui pourrait être portée par les érables champêtres, les prunus et les aubépines à deux styles qui poussent naturellement dans cet environnement ?

Ne serait-il pas temps d'expérimenter ce que Bruno Schloegel du domaine Lissner appelle la "vigne libre" ? Il faudrait attendre peut-être dix ans au lieu de quatre pour avoir du raisin... mais c'est le prix à payer de la low-tech, de la résilience des sols et de la biodiversité.

Pour avancer dans cette direction, il me reste encore un certain nombre de choix techniques à décider, notamment en termes de matériel végétal. La question du retour au franc de pied se pose : suis-je capable d'affronter un possible échec dû au phylloxéra ? Si je pars en pieds greffés, ne serait-il pas judicieux de multiplier les types de porte-greffe plutôt qu'une monoculture ? Et qui de la greffe : une greffe en place après avoir bien enraciné le porte-greffe n'est-il pas la meilleure option ? Et qui des porte-greffes atypiques comme le Baco noir ?

Du côté du cépage, je pourrais bien sûr partir sur du Meunier une massale "normande", collection de divers boutures de Meunier de la région (Saint Chéron, Giverny, Ménilles, Vernon, etc.) mais aussi tenter le Pinot noir, lui aussi attesté comme cépage de l'Eure par Guyot, mais dont on n'a pas encore retrouvé de pieds abandonnés vestiges du 19e siècle. Si je retrouve du Pinot noir eurois cet été, je pourrais envisager une massale normande de Pinot noir, avec le risque qu'il soit œnologiquement pauvre, mais cependant bien adapté au terroir. Une autre possibilité étant d'importer du Früburgunder, pinot noir précoce allemand, du pinot noir précoce bourguignon ou bien sûr des clones INRA qualitatifs de pinot noir classique.










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