Nouveau départ de ma vigne familiale !
Et voici mon petit bout de jardin, un peu moins de 100m² d'un côteau autrefois planté de vigne et nommé sur le cadastre napoléonien "la côte Baurand" et dans certaines archives simplement Boran. La craie dolomitique est à quelques dizaines de centimètres, parfois seulement une trentaine, ce qui a donné le nom de "Gratinières" au secteur qui jouxte et qui signifie que la roche affleure. Un terrain pauvre, sec dans lequel l'enracinement est difficile.
En 2019, j'y ai planté 30 cabernets francs, 60 merlots et 10 tannats, deux gamays et un pinot noir, la majorité sur porte-greffe Fercal. Quatre ans plus tard, la majorité des pieds n'excedaient pas 40 cm de haut et leur tronc était à peine plus épais q'un crayon. Seuls une dizaine de pieds s'est vraiment enraciné et a donné quelques grappes, peut-être 3 ou 4 kilos, en 2022 et en 2023.
Plusieurs éléments m'ont amené à reconsidérer la conception de mon micro-vignoble familial. En premier lieu, les erreurs initales suivantes :
- ne pas avoir enlevé les racines des pins de Douglas qui rampaient horizontalement jusque dans la vigne.
- ne pas avoir enrichi le sol avec du fumier et des apports en phosphore, potassium et manganèse (et même bore).
- avoir choisi un porte-greffe (Fercal) peu adaptés aux sols maigres, au lieu du 333EM.
- avoir choisi des cépages sudistes (cabernet franc, merlot, tannat) qui nécessite une longue exposition pour parvenir à maturité. Bien que le merlot titrait à 13,5 au réfractomètre en 2022, le cabernet franc n'a jamais atteint 12,0 le tannat 8,0 pour ne parler que de la maturité des sucres.
- avoir réalisé un palissage qui empêche de travailler facilement le sol à la main (les fils de fer gênant) et en plus perpendiculairement à la pente ce qui nécessite de lutter contre la pente.
- avoir laissé un enherbement préjudiciable aux jeunes plants.
J'espère donc repartir du bon pied cette fois. J'ai arraché tous mes pieds de vigne et j'enlève toute l'herbe et les racines (ce sera fini vers la mi-mai). Je prévois un petit coup de motoculteur quand la terre sera bien sèche pour ameublir et ensuite je recouvrirai de fumier de cheval.
La plantation est prévue pour l'automne 2024. Les Pépinières Viticole du Val de Loire (PVVL) m'ont préparé une centaine de plants de Meunier greffés sur 333EM, un porte-greffe qui est en théorie "bien adapté aux sols peu profonds, secs et calcaires".
Sur cette photo je suis au centre équestre de Blaru qui me fournit en fumier de cheval. Par un beau matin de printemps, c'est très agréable d'être dehors. L'air est vif et les couleurs de la Normandie sont très impressionnistes.
Et voici le tas de fumier qui est encore trop frais pour être épandu. Il va se décomposer tranquillement pour un épandage au début de l'automne.
Commentaires
Enregistrer un commentaire